Le conservateur Sauli Niinistö a été élu Président de la Finlande dimanche 5 février, à l’issu du second tour des élections présidentielles. Il succède ainsi à la très populaire Présidente Tarja Halonen, qui a effectué deux mandats de six ans et ne pouvait donc se représenter. A noter que la Finlande était jusque là gouvernée par un tandem féminin, puisque le Premier Ministre est également une femme, symbole d’une société où les inégalités hommes-femmes sont moindres.
Le 1er tour qui s’est déroulé il y a deux semaines avait engendré quelques débats. La présence d’un candidat Euro-sceptique posait la question de la place de la Finlande dans l’Union Européenne, alors que celle-ci demeure désormais, grâce à son triple AAA, un pays et argument essentiel pour assurer des taux d’intérêts corrects à l’Union Européenne. Se posait également la question d’un repli nationaliste avec le candidat du parti des “Trues Finns” (“Vrais Finlandais”) qui avait déjà fait une percée aux dernières élections législatives. Finalement, le premier tour a qualifié deux hommes pour le second tour parmi les huit candidats en lice : Sauli Niinistö avec 37% des voix, et Pekka Haavisto avec 18,8%.
Le système d’élection du Président est le même qu’en France, et le second tour de dimanche 5 février a donc opposé Sauli Niinistö, conservateur et pro-européen, à Pekka Haavisto, écologiste libéral. Le taux de participation de seulement 68,9% au second tour peut s’expliquer par les températures extrêmement froides du week-end, entre -30°C et -40°C dans certaines régions. Fait également intéressant : des bureaux de votes sont installés dans les universités pour permettre aux étudiants de voter plus facilement la semaine qui précède le scrutin national…

C’est finalement Sauli Niinistö, ancien ministre des finances de 63 ans, qui a remporté le scrutin avec 62,6% des voix. “L’ancien ministre des Finances du parti de la Coalition nationale était donné favori par tous les sondages. Selon les analystes, M. Niinistö a bénéficié de la grande crédibilité qu’il inspire à l’électorat en cette période de crise financière, principale préoccupation des Finlandais selon les sondages. Ministre des Finances de 1996 à 2003, il a été l’un des artisans de l’adoption de l’euro par la Finlande. M. Niinistö s’est également attiré la sympathie des Finlandais lors du tsunami de 2004 en Thaïlande, dont il a réchappé en sauvant la vie de son plus jeune fils en grimpant dans un arbre.” Son adversaire, Pekka Haavisto, outre sa vaste expérience à l’international, dans la gestion de crise et dans les questions environnementales a également bénéficié du respect d’une partie du public pour son ouverture d’esprit, lui permettant d’arriver au second tour. Mais son homosexualité assumée (il vit en couple avec un coiffeur équatorien) a sans doute été un obstacle pour d’autres électeurs plus traditionnels.
La Présidence de la Finlande reste néanmoins une institution aux pouvoirs limités. Les prérogatives du Président en Finlande ont été progressivement restreintes notamment dans le domaine de l’UE,et transférées l’an dernier au Premier ministre.
Quand à moi, je suis enfin allée à l’Ambassade ce matin : je voterai par procuration. Je vais également avoir un nouveau passeport d’ici 15 jours. Fait marquant : c’est mon adresse finlandaise qui sera écrite dessus et que je me trimbalerai pendant 10 ans, car je suis considérée comme ressortissante française en Finlande. Chouette! Chouette…
